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À propos des ruelles vertes

Une ruelle verte est une ruelle où des riverains se sont mobilisés, avec l’aide d’un organisme porteur du programme Éco-quartier et/ou d’un arrondissement et/ou d’autres partenaires, et ont verdi, créé et animé des espaces propices à l’environnement, aux jeux et aux partages.

 

Les riverains organisés en comité de ruelle partagent des objectifs et des valeurs; ils souhaitent mettre en commun leurs efforts et leurs talents, améliorer leur espace et le milieu de vie de leurs familles et agir localement tout en pensant globalement.

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Découvrez la carte des ruelles vertes de Montréal juste ici.

Cette page en bref :

HISTORIQUE DES RUELLES VERTES

JADIS...

À Montréal, avant 1850, le terme « ruelle » désigne une petite rue, un passage menant souvent à des bâtiments en piteux état. À cette époque, l’accès au cœur des îlots résidentiels est assuré par une porte cochère. La ruelle permettant l’accès à l’arrière d’un bâtiment n’existe pas encore comme on la connaît aujourd'hui.

Il faut attendre 1850 – période de transition entre les régimes français et anglais – pour voir la ruelle faire son apparition. Les schémas urbanistiques d’inspiration britannique prévoient alors de larges rues continues, des squares et ... des ruelles. Celles-ci sont ainsi créées dans les nouveaux quartiers développés pour l’élite canadienne-anglaise sur les pentes sud du Mont-Royal et dans le centre-ville actuel. 

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De 1870 à 1890, période d’expansion économique pour Montréal, les ruelles sont utilisées dans les nouveaux lotis-sements dont ceux du Plateau-Mont-Royal et dans le Mille Carré Doré. Selon les quartiers, on distingue la « ruelle ouvrière », permettant le transit des marchandises, et la « ruelle bourgeoise » servant d’accès aux domestiques.

 

 À partir de 1890, la ruelle se généralise dans les projets de développement immobilier avant d’être abandonnée vers 1950 dans les nouveaux quartiers moins denses développés en périphérie. Entre 1950 et 1960, plusieurs ruelles sont bétonnées et asphaltées, à cette époque où l’automobile est reine dans la Cité.

La renaissance des ruelles débute au tournant des années 1980 grâce à deux programmes mis sur pied sous le mandat du maire Jean Drapeau : les opérations Tournesol et Place au Soleil permettent la démolition des hangars dans les arrière-cours et la transformation des ruelles en petits parcs. Jusqu’à l’abandon du programme en 1988, ce sont 58 ruelles qui sont aménagées.

En 1995, l’idée d’aménager les ruelles renaît sur le Plateau-Mont-Royal avec la création de la première « ruelle verte », située dans le quadrilatère Napoléon-Roy-Parc La Fontaine-Mentana. À partir de cette date qui coïncide avec la création du programme Éco-quartier, les éco-quartiers, organismes d’éducation relative à l’environnement axés sur l’implication citoyenne, seront appelés à jouer un rôle important dans le développement des ruelles vertes.

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AUJOURD'HUI !

Pour l’historique complet et un portrait d’ensemble du mouvement des ruelles vertes à Montréal, consultez Les programmes locaux d’implantation de ruelles vertes à Montréal, un guide publié en 2018 par le REQ dans le cadre de la Politique de l’enfant .

En 2018, 12 des 19 arrondissements de Montréal possèdent au moins une ruelle verte développée grâce à des citoyens mobilisés. La mise à jour de l’inventaire et de la carte des ruelles vertes de Montréal s’effectue à l'automne.  

POURQUOI UNE RUELLE VERTE ?

1- AUGMENTER LA BIODIVERSITÉ

Par leur linéarité et leur répartition dans le tissu urbain, les ruelles vertes peuvent contribuer à la création de corridors verts prévus dans le concept de la Trame bleue et verte.

Les actions de verdissement effectuées dans les ruelles vertes permettent entre autres choses de réduire l’effet d’îlots de chaleur et d'améliorer la qualité de l’air.​

Les corridors verts augmentent la connectivité biologique entre les habitats naturels de l’île et favorisent la biodiversité. Les ruelles vertes fournissent en effet des habitats pour des petits mammifères, des oiseaux et des insectes.

2- FAVORISER LE LIEN SOCIAL

La mobilisation nécessaire à la création des ruelles vertes favorise la socialisation et l’inclusion. Des citoyens de toutes origines et de toutes classes sociales y partagent des objectifs communs au quotidien.

 

L’organisation de fêtes et d’activités dans la ruelle consolide le tissu social ainsi que le sentiment de sécurité et d’appartenance.

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3- ASSURER L’ACCÈS À DES QUARTIERS EN SANTÉ

Par leur proximité du domicile, les ruelles sont des environnements favorables au jeu libre des enfants et aux déplacements actifs. Elles permettent un contact avec la nature, et les citoyens y développent des projets d’agriculture urbaine et de jardinage écologique permettant aux jeunes et aux moins jeunes de s'y initier.

4- FACILITER LA TRANSITION VERS UNE ÉCONOMIE VERTE, CIRCULAIRE ET RESPONSABLE

L’économie sociale et l’économie de partage trouvent un terreau fertile dans les communautés de ruelles. S’y développent plusieurs initiatives de partage d’objets, notamment des boîtes à jouets, d’outils, de livres et même de voitures. En apprenant à se connaître davantage, les riverains ont aussi davantage tendance à s’entraider puis à s’échanger des services et des savoirs.

De plus, les ruelles offrent un réseau de déplacements alternatifs et permettent des déplacements plus sécuritaires, conviviaux et efficaces, loin du trafic, du bruit et des particules fines libérées par les pots d’échappement. Plusieurs aménagements peuvent également augmenter la perméabilité des surfaces et retenir l’eau de pluie dans les ruelles. Additionnés, ceux-ci permettent de réduire la quantité d’eau qui ruisselle dans les égouts, ce qui a comme effet de réduire le nombre et l’intensité des épisodes de surverse.

5- AUGMENTER LA SÉCURITÉ

La ruelle est un espace public, considérée dans les règlements municipaux de la même manière que les parcs, les trottoirs et les rues. La ruelle présente pourtant la difficulté d’être un espace à usages multiples, quelque part entre la rue et le parc. Certains l’empruntent en voiture pour accéder à un espace de stationnement, d’autres à pied ou à vélo pour jouer après l’école.

Augmenter la sécurité dans une ruelle peut se faire soit en éliminant les sources de danger, de dommages ou d’effets nocifs (la circulation automobile, les plantes toxiques, etc.), soit en réduisant les risques, c’est-à-dire les probabilités qu’une personne subisse un préjudice associé à un danger (en diminuant la vitesse de circulation par exemple).

Nous présentons dans le tableau suivant un exemple d’évaluation des risques :

  • Déterminer les dangers ;

  • Analyser le risque associé au danger ;

  • Déterminer les moyens adéquats pour éliminer le danger ou maîtriser le risque lorsque le danger ne peut pas être éliminé.

Travailler à mettre en place les moyens pour éliminer les dangers ou maîtriser le risque peut être un travail difficile, qui comprend à la fois des mesures physiques (une signalisation) et des mesures sociales (sensibilisation, éducation). Pour qu’elle soit réelle, la sécurité doit être une responsabilité partagée, intégrée autant dans les mentalités que dans le cadre bâti. 

Dans le Guide d’aménagement de ruelles vertes et actives, nous consacrons un chapitre complet à la sécurité, la signalisation, les règlements municipaux et le mesures d’apaisement de la circulation dans les ruelles vertes.

6- COMBLER LE DÉFICIT NATURE

Un des objectifs du projet de ruelles vertes et actives est d’augmenter la présence d’éléments naturels vivants et non vivants afin d’accroître les interactions avec la nature. Les ruelles deviennent ainsi un premier pas de proximité vers les milieux naturels et le développement d’une relation avec la nature.

Les environnements de jeu comportant des éléments naturels (buissons, blocs de roche, eau, sable) offrent aussi aux enfants  un nombre supérieur d’opportunités de jeu par rapport aux espaces conventionnels. Les espaces naturels sont aussi plus inclusifs, ils offrent à tous les enfants la possibilité de profiter des zones de jeu, ce qui favorise l’inclusion et évite la création de groupes en fonction des habiletés physiques. 

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7- APAISER LA CIRCULATION

Dans la ruelle, une circulation automobile apaisée est un déplacement à très basse vitesse effectué par un conducteur respectueux de la quiétude du lieu et conscient de la présence potentielle d’utilisateurs vulnérables. Certains types d’aménagements visant l’apaisement de la circulation peuvent mener les conducteurs à ralentir et à être conscients des dangers potentiels. Voici un exemple d'aménagements : 

 

LA SÉCURITÉ EST LA CLÉ

1- PRINCIPES D'AMÉNAGEMENT

L’enfance est un moment opportun pour offrir la possibilité d’être physiquement actif. Cela favorise le développement global des enfants et permet à ces derniers d’acquérir de saines habitudes de vie. Les neuf premières années de la vie sont particulièrement importantes puisque c’est la période pendant laquelle se développent les habiletés motrices fondamentales.

Dans le Guide d’aménagement de ruelles vertes et actives, nous présentons deux grandes approches d’aménagement qui guideront les comités de ruelles vertes à la recherche d’idées pour augmenter le potentiel actif de leur ruelle. Ces deux approches sont l’approche des 7 C et l’approche par stade de développement moteur. 

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L’approche des 7 C

Le consortium CHILD (Consortium for Health, Intervention, Learning and Development) a développé une méthode d’aménagement des espaces de jeux extérieurs destinés aux enfants. Cette approche se base sur 7 principes d’aménagement, les 7C, qui signifient : Character, Context, Connectivity, Change, Chance, Clarity, Challenge.

 

Nous les traduisons librement dans l’ordre respectif par : Style, Contexte, Connectivité, Changement, Opportunités, Clarté et Défi. Le CHILD a démontré plusieurs bénéfices pour les enfants d’âge préscolaire qui évoluent dans des espaces de jeux qui offrent un contact avec les éléments naturels, dont une amélioration de leur développement cognitif (dont le langage), émotionnel et physique (habiletés motrices fondamentales).

Nous présentons dans le guide chacun de ces principes d’aménagement ainsi que des exemples d’application concrets et adaptés aux ruelles vertes de Montréal. 

L’approche par stade de développement moteur

Cette approche propose de prendre en compte les stades de développement des enfants et le développement des habiletés motrices dans l’aménagement de ruelles vertes et actives. C’est une perspective différente qui permet d’optimiser l’acquisition d’habiletés motrices, tout en permettant le jeu libre, le jeu actif et le plaisir.


La période de développement de 15 mois à sept-huit ans est particulièrement critique puisqu’à partir de huit ans, les enfants entrent dans une phase de perfectionnement des compétences déjà acquises. Si certaines compétences motrices fondamentales ne sont pas acquises à sept-huit ans, il devient plus difficile de les acquérir par la suite. La période entre 15 mois et sept-huit ans est aussi celle pendant laquelle la ruelle est la plus pertinente pour les enfants qui ne peuvent encore circuler librement dans leur quartier. 


Nous présentons dans le guide plusieurs suggestions d’activités. Celles-ci sont classées par habiletés motrices et nous suggérons des variantes pour les saisons et des niveaux de difficulté qui permettront de passer à un autre niveau une fois que la tâche est maîtrisée. 

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2- APAISEMENT DE LA CIRCULATION

Les aménagements permettant d’apaiser la circulation

Dans la ruelle, une circulation automobile apaisée est un déplacement à très basse vitesse effectué par un conducteur respectueux de la quiétude du lieu et conscient de la présence potentielle d’utilisateurs vulnérables. Certains types d’aménagements visant l’apaisement de la circulation peuvent mener les conducteurs à ralentir et à être conscients des dangers potentiels. Nous avons choisi de classer ces aménagements en deux catégories, soit des mesures directes affectant directement la conduite et indirectes lorsque la perception du conducteur est visée.

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La signalisation

Inventaire de la signalisation officielle

Les ruelles de Montréal n’étant pas des voies de circulation à proprement parler, on y retrouve très peu de signalisation routière officielle. Pourtant, certains outils de signalisation largement répandus dans nos rues pourraient s’y retrouver plus fréquemment, à la demande des citoyens du comité de ruelle par exemple.

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Signalisations citoyennes 

Devant la difficulté d’obtenir des panneaux de signalisation officiels, certains comités ont fabriqué leurs propres panneaux. Parmi ces panneaux, on observe trois catégories : les panneaux d’information, les panneaux concernant l’apaisement de la circulation, et les panneaux pour la propreté. Ceux-ci prennent de nombreuses formes et sont installés sur divers supports, comme un poteau, sur le sol ou encore plantés dans une plate-bande.

 

Ils peuvent être imprimés ou peints sur divers supports et s’intégrer dans la thématique de la ruelle. En ce sens, l’initiative citoyenne est généralement bien adaptée au contexte, répond à une problématique précise et peut être plus facilement accueillie par les résidents.

L’apaisement de la circulation : les initiatives citoyennes

Le marquage au sol

Le marquage au sol est une façon simple de marquer le paysage de la ruelle et d’exprimer la réappropriation citoyenne du lieu. Le marquage au sol permet d’atteindre deux objectifs :  il peut être utilisé comme outil de signalisation et être utilisé pour créer des jeux pour les enfants, ce qui peut aussi servir à apaiser la circulation en indiquant la présence de vie dans la ruelle. 

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Le mobilier

L’installation de mobiliers dans les ruelles vertes, comme les bacs à fleurs et des bancs, permet de diminuer la largeur de la voie de circulation, ce qui encourage les automobilistes à réduire leur vitesse. Le mobilier peut être placé dans des endroits stratégiques dans la ruelle de manière à former une chicane, ce qui permet de prolonger la longueur du ralentissement.

Les miroirs à dômes

Bien que peu répandus dans les ruelles, les miroirs de sécurité à dômes permettent d’augmenter la visibilité aux intersections jugées problématiques. Le défi sera d’avoir accès à un poteau placé au bon endroit. 

Les obstacles temporaires
Cônes, barrières amovibles, brouettes végétalisées, tronçons de troncs d’arbres, les citoyens rivalisent d’originalité et de créativité pour créer des obstacles temporaires qui permettent de délimiter des aires de jeux temporaires. 

Les obstacles permanents
Certaines ruelles optent pour des obstacles permanents placés dans le tronçon principal de la ruelle pour décourager la circulation automobile. Ces obstacles peuvent se placer dans des endroits où les cours adjacentes ne possèdent pas de places de stationnement. Ils peuvent par exemple créer des zones où la voiture n’a pas accès et des zones accessibles en voiture. 

 

Les fermetures partielles et complètes
Parmi toute la gamme des mesures d’apaisement, la reine incontestée est la ruelle fermée à la circulation. Décourageant grandement la circulation de transit, elle permet de créer des oasis où le jeu libre peut s’exprimer en toute quiétude. 

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L’éclairage

Les citoyens pourront juger qu’un éclairage inadéquat entraîne des fréquentations non désirables ou des risques pour les usagers. Nous avons observé la présence, dans certaines ruelles, d’un éclairage DEL alimenté par un panneau solaire, une solution simple et adaptée.

Les autres formes de signalisation

Il existe d’autres formes de signalisation, dont les bonhommes jaunes, achetés sur les sites d’achats en ligne les plus populaires. Ils ne se fatiguent pas et peuvent être placés à différents endroits stratégiques dans les ruelles.

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RUELLES THÉMATIQUES

Les ruelles vertes de Montréal forment un réseau hétérogène. Elles sont ainsi très différentes les unes des autres.


Plusieurs éléments morphologiques et structurels varient :

  • Largeur et longueur ;

  • Type de revêtement (asphalte, béton, gazon, gravier, terre battue) ;

  • État du revêtement (ou plutôt état de délabrement) ;

  • Nombre d’accès (de 1 à 6) et forme (en « H », en « T », en « I », en « J » en « S ») ;

  • Type de propriété (privé ou public) ;

  • Luminosité.

Les ruelles varient aussi selon :

  • Profil sociodémographique des riverains (proportion de propriétaires occupants et de locataires) ;

  • Profondeur des arrière-cours et présence (ou absence) de végétation dans ces cours ;

  • Type de clôture (la hauteur et l’opacité des clôtures ont une influence sur le sentiment de sécurité) ;

  • Présence plus ou moins importante d’enfants ;

  • Type d’utilisation par les véhicules et nombre de stationnements donnant sur la ruelle ;

  • Nature et nombre de servitudes publiques qui s’y trouvent.


Les ruelles se distinguent aussi par le type d’usage, notamment les usages qu'en font les commerces locaux et les institutions locales, soit la gestion des matières résiduelles et les livraisons.


Au-delà, d’autres critères sont venus s’ajouter pour préciser la nature ou la spécificité des ruelles verdies, enrichissant encore davantage le réseau des ruelles vertes montréalaises : des ruelles bleues-vertes aux ruelles blanches, en passant par les ruelles vertes et actives ou encore sécuritaires. Chacune présente des caractéristiques bien particulières.

À Montréal, plusieurs types de ruelles se distinguent à ce jour.


Ruelle verte : projet de développement durable à échelle humaine porté par un comité de citoyens, encadré et supporté par un programme d’implantation local et réalisé, dans plusieurs cas, en collaboration avec un éco-quartier.


Ruelle blanche : initiative citoyenne à l’échelle d’une ruelle où la gestion de la neige et l’ajout de différentes composantes (exemple : cabane d’hiver, animation, boites de jeux d’hiver, butte de neige, éclairage) font en sorte que les citoyens sont portés à y réaliser des activités hivernales.


Ruelle bleue-verte : projet d’infrastructure verte porté par plusieurs acteurs (publics et privés) visant à retenir l’eau de pluie récoltée par les toits plats dans des jardins de pluie et des fosses de rétention dans la ruelle.


Ruelle active : espace de vie évolutif et sécuritaire issu d’une démarche d’aménagement durable porté par une mobilisation citoyenne et une volonté municipale qui favorise la mixité des usages, la socialisation et les saines habitudes de vie et qui fournit des services écologiques.

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